Les désordres mondiaux, la violence des conflits au Proche-Orient, la complexité de la situation économique et politique dans la zone sahélienne, l’effondrement de l’État libyen, le retour des Talibans en Afghanistan et les écarts de richesse entre le Nord et le Sud concourent à une pression migratoire très importante sur les pays de l’Union européenne.

Le devoir de l’Europe est d’offrir l’asile à ceux qui sont persécutés et demandent sa protection ; dans ce contexte, la France doit prendre sa juste part dans l’accueil des réfugiés. Elle doit délivrer des titres à tous ceux dont elle juge qu’ils ont droit à l’asile sur son territoire. Ceux qui en revanche ne remplissent pas les conditions pour se voir attribuer un tel titre et, en conséquence, demeurer sur notre territoire, doivent être reconduits à nos frontières.

Forte de ce constat, je me suis engagée et j’ai notamment voté :

  • Pour réduire de 120 à 90 jours le délai pour déposer une demande d’asile après l’entrée en France ;
  • Pour permettre à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides(l’OFPRA) d’envoyer une notification « par tout moyen », notamment électronique, et pas seulement par courrier ;
  • Pour réduire d’1 mois à 15 jours le délai de recours à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) et développer des audiences par vidéo à distance ;
  • Pour faciliter l’éloignement (l’expulsion) pour certaines catégories de déboutés (ressortissants de pays d’origine sûre, réexamens…) ;
  • Pour échanger des informations entre l’hébergement d’urgence et l’Office français d’immigration et d’intégration(l’OFII) pour les demandeurs d’asile et les réfugiés ;
  • Pour Instaurer un titre de séjour de quatre ans, au lieu d’un an, pour les réfugiés « subsidiaires » (une extension du statut de réfugié) et apatrides ;
  • Pour Renforcer la protection des jeunes filles exposées à un risque de mutilation sexuelle. Cela a été étendu aux jeunes hommes en commission des Lois ;
  • Pour qu’un pays persécutant les homosexuels ne puisse pas être considéré comme « sûr » ;
  • Pour la possibilité de mise à l’abri pour les étrangers « n’ayant pas encore pu enregistrer » leur demande d’asile ;
  • Pour augmenter la durée maximale de la rétention administrative, portée de 45 à 90 jours ;
  • Pour augmenter de 16 à 24 heures la durée de la retenue administrative pour vérifier le droit au séjour, et renforcer des pouvoirs d’investigation ;
  • Pour renforcer le régime de l’assignation à résidence pendant trois heures de suite en cas de menace à l’ordre public ;
  • Pour étendre la vidéo-audience pour le juge des libertés et le tribunal administratif ;
  • Pour faciliter le placement en rétention des « dublinés » (déjà enregistré dans un autre pays européen) ;
  • Pour ramener à 15 jours (au lieu de 7) le délai de recours et encadrer les motifs de rétention ;
  • Contre l’extension du regroupement familial pour les mineurs non accompagnés (MNA) ;
  • Pour que les empreintes des personnes arrivant sur notre sol de manière irrégulière soient systématiquement relevées.

Les arrivées illégales directes ont augmenté partout en Europe durant la dernière décennie, particulièrement avec la « crise des migrants » ouverte en 2015. Les routes migratoires passent essentiellement par trois grandes zones aux frontières méridionales de l’Union Européenne :

  • Les côtes grecques de la Mer Égée ;
  • Le détroit de Gibraltar et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ;
  • Les îles du sud de l’Italie.

Direction zonale de la police aux frontières sud – Marseille

Direction de la Police aux Frontières de l’Aéroport Charles De Gaulle – Roissy

A l’ONU avec l’UIP – New-York – Etats-Unis

La partie Est de ma circonscription est frontalière avec l’Italie et constitue une des principales voies d’entrée en France des migrants en situations irrégulière, le thème de l’immigration a donc été au cœur de mon mandat dès ma prise de fonction.

Il s’agit d’un sujet très présent et très clivant, qui suscite des tensions régulières et des prises de positions parfois sujettes à caution, c’est pourquoi il m’est apparu important de maîtriser cette thématique pour pouvoir intervenir en toute connaissance de cause et de manière factuelle.

Au niveau national, je me suis donc naturellement investie sur cette thématique et j’ai été élue dès 2017 Présidente d’un Groupe d’Étude sur l’immigration à l’Assemblée nationale.

A ce titre, j’ai organisé de nombreuses visites de terrain dont notamment celles :

  • Du bâtiment Ocean Viking à l’occasion de son escale technique au Port de Marseille ;
  • Du bureau « asile » de la préfecture de police de Paris situé au guichet unique de demande d’asile (GUDA) ;
  • De la direction zonale de la police aux frontières sud à Marseille ;
  • De la direction aéroportuaire de la police aux frontières (PAF) de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle ;
  • Du XVIIIe arrondissement de Paris aux côtés d’une équipe de maraude de l’association France Terre d’Asile ;
  • Du Centre de Rétention Administratif (CRA) de Nice ;
  • Du Guichet Unique pour Demandeurs d’Asile (GUDA) de Nice ;
  • Des différents bureaux de la Polices aux frontières (PAF) de Nice ;
  • Des locaux du secours catholiques de Nice ;
  • Des locaux de l’association Forum Réfugiés avec présentation du programme d’intégration Accelair.

Intervention auprès du Gouvernement sur l’immigration irrégulière – Assemblée Nationale

Dans le cadre de ce groupe d’étude, j’ai également initié de nombreuses auditions et réunions, sur les différents thèmes suivants :

  • La présentation à des collègues parlementaires du dispositif de contrôle à la frontière franco-italienne ;
  • Rencontres avec de nombreuses associations telles que : Caritas, Médecins sans frontière, Médecin du Monde, Safe Passage France, Refugee Rights Europe, Human, Rights Observers, Utopia56, SOS méditerranée, Forum réfugiés Cosi ;
  • Rencontre avec des migrants lors des différentes visites de terrain ;
  • Auditions de nombreux préfets, représentants des forces de l’ordre travaillant ou en lien avec les sujets liés aux migrants.

Je suis également intervenue dans l’hémicycle le 7 octobre 2019 devant le Premier Ministre de l’époque, M. Édouard PHILIPPE, lors du débat sur la politique migratoire de la France et de l’Europe, toujours dans l’objectif de lutter plus efficacement contre l’immigration irrégulière.

Par ailleurs, je suis en contact régulier avec les ministères de l’Intérieur et des Affaires Européennes afin de faire des remontées de terrain sur la situation des Alpes-Maritimes.

Au niveau international, dans le cadre du groupe français de l’union interparlementaire (UIP), je me suis aussi rendue à La Valette à Malte pour des échanges diplomatiques et tables-rondes avec les parlements de l’Union européenne et la région méditerranéenne pour réfléchir aux réponses et aux défis liés aux migrations.

Toujours en qualité de membre de l’UIP, je suis allée au siège des Nations Unies à New-York dans le cadre l’élaboration du pacte mondial sur les migrations. Nous avons alors échangé avec les parlementaires des autres Nations, autour des lacunes du système actuel et du besoin d’une coordination des politiques internationales et nationales.

Enfin, au niveau local, en plus de ma présence régulière dans les locaux de la Police aux Frontières et de mon soutien aux forces de l’ordre mobilisées le long de la frontière franco-italienne, j’organise et j’assiste à des réunions sur le thème de l’immigration afin d’une part, partager mon expérience, m’enrichir de celle des autres intervenants mais surtout, avancer sur ce sujet.

Si nous voulons réconcilier les Françaises et les Français, pérenniser notre droit d’asile, accueillir dignement tous les réfugiés, nous devons impérativement nous poser la question suivante : Dans le respect de nos traditions, de nos cultures et de nos valeurs, sommes-nous enfin prêts à agir avec pragmatisme et lancer un véritable plan de lutte contre l’immigration irrégulière ?