L’échéance implique la fermeture très rapide d’un grand nombre de réacteurs (entre 23 et 27 selon RTE). Or, cela ne s’improvise pas car il faut commencer à amortir les problèmes collatéraux :

  • reconvertir plusieurs dizaines de milliers d’emplois
  • substituer les réacteurs que l’on ferme par d’autres moyens de production (La France serait contrainte de construire une vingtaine de nouvelles centrales à gaz dans les sept prochaines années, ce qui ferait doubler nos émissions de gaz à effet de serre – à titre de comparaison, il a fallu plus de 10 ans aux Allemands pour fermer un moins grand nombre de réacteurs).

Le Gouvernement n’abandonne pas la loi de transition énergétique.

Conformément à la loi, la centrale de Fessenheim sera fermée au moment de la mise en service de l’EPR de Flamanville, soit vers fin 2018 selon le calendrier d’EDF.  L’Etat accompagnera en 2018 les acteurs locaux pour identifier de nouvelles opportunités de développement économique du territoire. La fermeture des centrales à charbon et d’autres réacteurs que Fessenheim pourrait créer des difficultés pour l’approvisionnement électrique de la France à partir de 2021. Des travaux d’approfondissement seront donc nécessaires.

Le Gouvernement confirme l’objectif d’abaisser à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité, mais considère que l’échéance de 2025 n’est pas atteignable. Il préfère se donner le temps de définir une trajectoire réaliste pour la transition de notre système électrique.

Le développement des énergies renouvelables demeure un objectif majeur. Il est possible que les énergies renouvelables et le stockage constituent à moyen terme la solution la plus économique pour produire de l’électricité décarbonée, devant le nucléaire.

Par ailleurs, l’électrification des usages est une nécessité pour tenir les engagements climatiques de la France, dans les transports (mobilité électrique) et dans les logements (chauffage). Les hypothèses de développement de l’électricité préservent un équilibre avec le gaz qui continuera de jouer un rôle important au cours de la transition : en mobilité, notamment pour les poids lourds (GNV), et dans le chauffage. Le Gouvernement a engagé une lutte contre le chauffage au fioul qui doit disparaître.

L’électricité que nous produisons, qu’elle soit nucléaire ou renouvelable, est très compétitive, notamment par rapport à celle produite par les centrales à gaz et les centrales à charbon. Tant que nos voisins gardent un parc significatif de centrales à combustible fossile, nos exportations demeureront importantes. C’est positif pour l’Europe car nous aidons à décarboner la production d’électricité.

La France continuera d’œuvrer à l’émergence, au niveau européen, d’un prix du CO2 suffisamment élevé pour assurer une véritable décarbonation du secteur électrique.

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